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Mobilité résidentielle et situation professionnelle : quels liens ?

mercredi 26 juin 2019

La mobilité géographique constitue-elle un atout pour trouver ou conserver un emploi, voire pour progresser professionnellement ? La réponse est plutôt positive. L’étude menée par la DARES (ministère du Travail) à partir des enquêtes de l’INSEE nous en dit plus sur les catégories de personnes concernées et porte un regard genré sur les conséquences de ce type de mobilité.

Qui est concerné ?

Entre 2010 et 2015, 7 % des personnes ont changé de région de résidence selon l’enquête Formation et qualification professionnelle réalisée par l’Insee. Les jeunes, les diplômés, les chômeurs et les personnes connaissant une séparation ou une mise en couple sont plus fréquemment concernés. Les effets constatés sont plus positifs pour les hommes que pour les femmes.

Des conséquences globalement positives

En moyenne, les chômeurs qui ont déménagé occupent plus souvent un emploi en 2015 que leurs homologues sédentaires. Toujours en moyenne, les actifs occupés qui ont déménagé travaillent un peu moins souvent en 2015 que les sédentaires mais, à caractéristiques identiques, ceux qui sont mobiles ont une probabilité plus élevée d’être en emploi par la suite.

La place des déménagements

Mobilité résidentielle et emploi sont parfois imbriqués. En effet, un déménagement peut être motivé par le fait d’accéder à un emploi ou d’améliorer sa situation professionnelle. À l’opposé, un déménagement peut contraindre à quitter son poste, mais aussi élargir ses opportunités d’emploi. La mobilité géographique est d’ailleurs un des enjeux de l’accompagnement des personnes en recherche d’emploi.

  • À court terme, un déménagement sur deux s’accompagne d’un changement de situation professionnelle (accès à un emploi, nouvel employeur, promotion, etc.). Pour quatre chômeurs sur dix, la mobilité résidentielle est suivie de l’occupation d’un emploi dans les deux mois. Pour trois actifs occupés sur dix, elle s’accompagne d’une période de chômage ou d’inactivité, mais les travailleurs qui restent en emploi après le déménagement connaissent le plus souvent une amélioration de leur situation professionnelle, notamment lorsque la mobilité est liée à une mutation.
  • À moyen terme, parmi les travailleurs ayant déménagé, plus de quatre sur dix déclarent de meilleures conditions de travail ou une position professionnelle plus élevée, contre trois sédentaires sur dix.

Et quel rôle pour les changements familiaux ?

Les changements familiaux sont étroitement liés aux changements résidentiels. Ainsi, les mises en couple ou les séparations s’accompagnent d’une plus grande mobilité. 20 % des couples formés entre 2010 et 2015 ont déménagé. Les personnes sans enfant sont plus mobiles géographiquement que les parents. Les personnes qui connaissent une naissance sur la période sont en moyenne plus mobiles que les autres mais leur propension à déménager ne diffère pas significativement de celle des personnes sans enfant ayant des caractéristiques identiques, notamment en termes de situation de couple.

Une mobilité résidentielle plus fréquente pour les chômeurs et les salariés en contrat court

Les salariés en contrat court et les personnes au chômage sont, en moyenne, deux fois plus mobiles que les autres actifs et leur probabilité de déménager reste plus élevée que celle des salariés en contrat à durée indéterminée. Pour les travailleurs éloignés de l’emploi ou de l’emploi stable, la mobilité peut répondre à la nécessité d’étendre la zone géographique de recherche d’emploi ou de mettre en adéquation leurs dépenses de logement avec leurs revenus.

Les raisons de la mobilité professionnelle

Qu’il soit suivi ou non d’une période d’inoccupation, le changement de situation professionnelle lié à une mobilité résidentielle intervient, dans la majorité des cas, pour donner suite à une rupture du contrat de travail, essentiellement par une démission (31 %), au terme d’un contrat à durée déterminée (17 %) ou dans le cadre d’une rupture conventionnelle (11 %). Près d’un travailleur sur cinq qui déménage change de situation professionnelle à la suite d’une mutation (18 %). Si, parmi ces personnes, 59 % connaissent une amélioration de leur situation, 32 % connaissent une dégradation de celle-ci.

Quelles différences de situation professionnelle entre les femmes et les hommes à la suite d’une mobilité résidentielle ?

Les femmes et les hommes qui changent de lieu de résidence voient leur situation professionnelle évoluer plus favorablement que les femmes et les hommes « sédentaires ». Toutefois, le déménagement conduit plus souvent à une démission pour les femmes en couple que pour les hommes en couple. Ces derniers sont davantage concernés par une mutation, qui s’accompagne d’une amélioration de la situation professionnelle dans six cas sur dix. Leurs motivations au déménagement sont aussi différentes : relativement aux hommes, les femmes avancent davantage un souhait ou une obligation et moins la perspective d’un emploi plus intéressant.


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