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Licenciements économiques et mesures d’accompagnement : baisse du nombre de salariés concernés

samedi 12 octobre 2019

C’est un sujet que la Dares analyse tous les ans, ce qui permet de suivre et analyser l’évolution du nombre de licenciements économiques et des mesures publiques d’accompagnement des restructurations.

Baisse des licenciements économiques les 5 dernières années

Depuis fin 2013, les licenciements économiques baissent régulièrement en France. C’est un signe de relèvement progressif de l’économie après la crise de 2008 et la rechute de 2012, parallèlement à une décrue lente du chômage. En 2017, 143 900 personnes se sont inscrites à Pôle emploi après un licenciement économique, soit 12 % de moins que l’année précédente, et moitié de 2009 (295 700) : 2017, une année de forte croissance économique.

Ce sont majoritairement des hommes (56 %), avec une augmentation des plus âgés pendant les 10 dernières années : les plus de 50 ans représentent 32 % des inscrits en 2017 contre 23 % en 2009. Les ¾ recherchent un emploi ouvrier ou employé, dont un métier d’ouvrier ou employé qualifié pour 59 % du total ou non qualifié pour 19 %.

Les mesures d’accompagnement moins sollicitées

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Pour ceux qui se sont inscrits à Pôle emploi après un licenciement économique, un peu plus de la moitié ont signé un CSP (contrat de sécurisation professionnelle) en 2017 (77 300), une baisse constante, de 16 % par rapport à 2016 (92 400), 2015 (107 400, soit 2/3 des inscrits), etc., alors que c’est le principal dispositif d’accompagnement pour les licenciés économiques des entreprises de moins de 1 000 salariés ou de celles qui déposent le bilan. Si la répartition selon les catégories professionnelles est semblable à celle des licenciés économiques, on constate de fortes variations d’une région à l’autre : + de 60 % sur la bordure ouest de la France (Nouvelle-Aquitaine, Pays de la Loire, Bretagne, Normandie, à moins de la moitié en Île-de-France, Guadeloupe et Guyane. Est-ce dû à la différence de tailles d’entreprises selon les régions et donc des obligations ? ou par méconnaissance ?

De même, les adhésions aux autres dispositifs financés par l’État diminuent. C’est le cas par exemple des mesures d’accompagnement individuel quand des entreprises en grandes difficultés signent une convention avec l’État et que les salariés peuvent y adhérer : conventions de formation en chute libre, conventions d’ATD (allocation temporaire dégressive en cas de réemploi en contrat durable moins rémunéré) divisées par 2.

Baisse également des PSE (630 contre 700 en 2016, soit -11 %), et majoritairement négociés. La répartition régionale est proche de celle des inscriptions à Pôle emploi après un licenciement économique. Ils concernent d’abord le commerce (39 %) mais en nette baisse (48 % en 2015), puis les autres services (30 %) et ensuite l’industrie (25 %).

Deux points d’interrogation pour conclure

2017 est la meilleure année de croissance depuis 2008 (PIB : +2,3 %). Il sera important de connaître les chiffres des années suivantes, où la croissance est plus molle : cette évolution positive se poursuivra-t-elle ?

D’autre part, l’insuffisance et le besoin de compétences nouvelles si importants en France interrogent sur ces baisses de l’utilisation des mesures d’accompagnement. Pourquoi cette désaffection ? Quelles conséquences ?




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