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Les représentants du personnel : des salariés engagés et appréciés de leurs collègues

mercredi 13 mars 2019

629 000 salariés, soit plus de 6 % des salariés du secteur privé, exercent un mandat de représentant du personnel. C’est considérable ! Plus âgés que leurs collègues avec plus d’expérience, ce sont plutôt des hommes ouvriers, employés et de professions intermédiaires. S’ils sont eux-mêmes sceptiques sur leur capacité à influencer les décisions de leurs directions, ils sont bien appréciés de leurs collègues : les élus et mandatés dans l’entreprise « traduisent bien leurs aspirations ». C’est ce qui ressort d’une enquête Relations professionnelles et négociation d’entreprise (REPONSE) menée par la DARES réalisée au cours du premier semestre 2017 et publiée en janvier 2019.

Qui sont-ils ?

Ce sont donc plus souvent des hommes (62 % des représentants du personnel) quel que soit le mandat. Les femmes sont plus présentes dans les délégations uniques mais moins présentes dans les CHSCT (32 %) et encore moins exercent un mandat de délégué syndical (27 %).

Ils sont plus âgés que la moyenne : 6 % des représentants du personnels ont moins de 30 ans alors que 60 % ont entre 40 et 59 ans. L’entrée tardive des jeunes sur le marché du travail, leur plus grande précarité retarde l’engagement syndical. L’âge des délégués syndicaux est aussi plus élevé que pour les autres mandats. Rien d’étonnant à cela dans la mesure où la responsabilité de DS succède le plus souvent à une ou des expériences d’élu du personnel. Trois quarts des DS exercent parallèlement un autre mandat.

Les représentants du personnel ont plus d’expérience professionnelle que les autres salariés. 60 % d’entre eux ont une ancienneté supérieure à 12 ans dans l’entreprise contre 44 % pour l’ensemble des salariés. Les délégués syndicaux ont plus d’ancienneté que les autres : ancienneté supérieure à 17 ans pour 25 % d’entre eux. La stabilité dans l’emploi et une meilleure connaissance de l’entreprise sont des éléments favorables à l’engagement syndical.

Toutefois un nombre non négligeable (40 %) ont moins de 12 ans d’ancienneté et il y a plus de femmes. Cela semble traduire une évolution que les nouvelles dispositions sur la mixité dans les instances de représentation du personnel devraient encore améliorer.

Les cadres sont moins engagés que les autres catégories professionnelles. 31 % des représentants du personnel sont des ouvriers, 26,5 % des employés, 24,3 % des professions intermédiaires alors que 17,7 % sont des cadres. Outre que l’investissement professionnel des cadres les incitent moins à s’engager sur le plan syndical, il y a aussi moins de mandats. Ces cadres sont en général plus souvent délégués du personnel que délégués syndicaux.

Quels mandats exercent-ils ?

Les 629 000 salariés qui sont représentants du personnel exercent 918 000 mandats (titulaires ou suppléants). 15 % ont au moins un mandat de délégué syndical. 34 % sont uniquement DP et 16 % sont uniquement membre du CE. 69 % n’exercent qu’un seul mandat, 20 % en exercent deux. Les représentants du personnel qui ont plus d’un mandat en cumulent 2,5 en moyenne.

L’engagement syndical des représentants du personnel

56 % de tous les représentants du personnel adhérent à un syndicat. Un peu moins pour les élus DP, CE et CHSCT (49 %). Très peu de représentants du personnel sont syndiqués dans les entreprises de 11 à 49 salariés (5,9 %), un peu plus dans les entreprises de 50 à 299 salariés (26,3 %). C’est dans les entreprises plus importantes qu’un peu plus des deux tiers des représentants du personnel sont syndiqués (67,8 %).

Les représentants du personnel adhérent le plus souvent par relation (50,8 % des RP) et notamment à la suite d’une démarche d’un représentant syndical. Un peu moins que les salariés, ils se sont syndiqués à la suite d’un problème (22,8 % au lieu de 27,6 %). En troisième position vient l’adhésion par conviction plus forte chez les représentants du personnel que chez les salariés (14,6 % contre 6,9 %). Cette raison d’adhésion est aussi plus forte chez les cadres.

Les élus sans étiquette syndicale

44 % des représentants du personnel sont non syndiqués. 41,5 % des élus sur des listes non syndicales déclarent « ne pas avoir besoin de syndicats pour se défendre ». Près d’un tiers des élus sans étiquettes déclarent ne pas avoir la possibilité de le faire puisqu’il n’y a pas de section syndicale dans l’entreprise. Assez peu d’élus non syndiqués (11,4 %) considèrent qu’ils ne sentent pas bien représentés par les syndicats présents dans l’entreprise. Un peu plus (15 %) ont des craintes pour leur carrière professionnelle. Très peu d’entre eux ont une image négative des syndicats (4,7 %).

Quelle perception les représentants du personnel ont-ils de leur situation personnelle et de leur mandat ?

La carrière professionnelle est plus ou moins contrariée selon les mandats exercés et/ou si on est syndiqué. Ainsi un élu sans étiquette bénéficie plus souvent d’une promotion qu’un élu syndiqué et beaucoup plus qu’un délégué syndical. Ces derniers sont 15 % à avoir bénéficié d’une promotion au cours de trois dernières années alors qu’ils sont 22 % des élus syndiqués et 27 % chez les élus sans étiquette.

Les délégués syndicaux ont plus de craintes que les autres de perdre leur emploi (21,9 % contre 16,7 % pour l’ensemble des représentants du personnel). Ils sont aussi très pessimistes sur leurs possibilités de promotion dans un avenir immédiat.

Les représentants du personnel pensent assez largement qu’ils traduisent bien les aspirations des salariés. Ces derniers sont majoritairement d’accord (50,8 %) et ont donc plutôt une bonne opinion de leurs représentants. 40 % des salariés pensent qu’ils jouent un rôle essentiel dans la représentation des salariés.

Cependant les représentants du personnel ne sont que 37,4 % à penser que dans les négociations ils influencent les décisions de leur employeur alors qu’ils pensent prendre, eux-mêmes, en compte les réalités économiques de leur entreprise. Toutefois, les salariés considèrent que la présence de représentants du personnel leur permet de participer aux décisions concernant la politique, l’organisation du travail ou encore les conditions de travail. Dans les établissements de plus de 300 salariés ils déclarent être bien informés sur toutes les thématiques du travail.

|Cette enquête permet de jeter un regard plus positif sur l’activité syndicale que ne le laisse paraître certains sondages ou certaines opinions. Indiscutablement, les syndicats, là où ils sont présents, sont appréciés des salariés. Cette population de plus de 600 000 représentants du personnel dont près des deux tiers sont syndiqués constitue une ressource indispensable pour connaître la réalité de tous les jours dans les entreprises. Certains dirigeants politiques pourraient y réfléchir…|


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