Les clés du social Un regard sur le social

Accueil > Conditions d’emploi > Formation Qualification > L’apprentissage, un atout pour l’emploi

L’apprentissage, un atout pour l’emploi

mercredi 20 février 2019

Depuis le début des années 90, les réformes se sont succédées pour développer cette voie de formation initiale par alternance jusqu’à la dernière loi « Avenir professionnel » et le nombre d’apprentis a été multiplié par 2. À partir de ses enquêtes Génération, le Cereq a analysé l’insertion des apprentis durant toute cette période des années 90 à aujourd’hui. Quels sont les résultats de cette politique pendant ces plus de 20 ans ?

Un doublement du nombre d’apprentis

1991-92 220 000
2012-13 438 000
2016-17 412 000


Ce tableau montre le quasi doublement du nombre d’apprentis entre le début des années 90 et l’année 2016-2017, avec malgré tout un petit tassement par rapport à l’année la plus forte de 2012-13. Il faut dire qu’en 25 ans, les effets de la décentralisation de l’apprentissage auprès des régions et de la loi Seguin qui a ouvert l’apprentissage à tous les niveaux de formation se sont faits sentir. Et de nouveaux jeunes ont été attirés.

Une diversification des profils

L’apprentissage a été longtemps conçu comme une voie de repêchage à l’échec scolaire et la préparation au CAP recouvre toujours 40 % des apprentis ; on les rencontre surtout dans l’industrie, la construction, l’artisanat, les TPE. Mais son ouverture à tous les niveaux de formation a attiré de nouveaux profils : volonté d’acquisition de compétences et de savoir-faire par un parcours de formation professionnalisé, recherche d’un financement pour continuer ses études, espoir que l’apprentissage constitue un pré-recrutement… Si bien que maintenant plus de 30 % des apprentis sont dans des formations de l’enseignement supérieur.

L’apprentissage accélère l’accès à l’emploi

Deux facteurs jouent dans cette rapidité d’accès :

  • L’expérience professionnelle acquise (ça joue aussi dans les autres formes d’alternance, de stages ou de boulots d’été) ;
  • Et « l’effet contact » avec l’entreprise qui permet à une partie d’entre les sortants de l’apprentissage de rester dans la même entreprise au sortir de leur contrat d’apprentissage. Ainsi, les apprentis sortants au diplôme niveau V mettent en moyenne 8 mois pour trouver un emploi durable contre 13 mois pour les sortants scolaires.

Mais l’insertion professionnelle est sensible à la conjoncture économique

Il faut dire que les 25 ans de l’étude ont connu une conjoncture en dents de scie. En suivant le devenir de ces générations d’apprentis, le Cereq a pu déterminer que cette sensibilité à la conjoncture est plus forte pour les sortants les moins diplômés en période de difficultés, mais aussi qu’ils profitent mieux des reprises. Trois facteurs interviennent : le nombre de contrats d’apprentissage proposés par les entreprises, en hausse ou en baisse selon la conjoncture, de même que les propositions d’emploi en fin de contrat, ainsi que, dans le sens inverse, la concurrence pour un emploi avec les plus diplômés.

Et les effets diffèrent selon les niveaux de formation

On peut les analyser pour 3 paramètres :

  • L’apprentissage a plus d’effets comme accélérateur d’accès à un premier emploi durable pour les sortants avec un CAP ou un bac professionnel (4 mois gagnés) que pour les sortants avec une licence ou plus (1 mois gagné).
  • L’effet positif sur la rémunération est plus sensible pour les apprentis diplômés du supérieur, avec une bonne progression au cours des 5 premières années, que pour les sortants du niveau V qui ont des salaires proches du Smic et qui évoluent peu.
  • L’effet stabilité de l’emploi joue plus pour les apprentis sortants avec un bac ou plus, qui se retrouvent davantage en CDI.

Si les effets diffèrent selon les caractéristiques du diplôme préparé et la conjoncture, cette étude sur une longue durée confirme les atouts de l’apprentissage dans l’accès à l’emploi, sa qualité et son évolution. La loi « Avenir professionnel » a profondément modifié son fonctionnement dans le but d’accélérer son développement, la plupart des règles sont entrées en vigueur le 1er janvier 2019. On suivra de près leur mise en œuvre et leurs résultats, en particulier sur l’insertion professionnelle des apprentis et leur nombre.


Source