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Auto-entrepreneurs, trois ans après leur immatriculation, 36 % sont actifs

samedi 24 août 2019

Les auto-entrepreneurs immatriculés en 2014 sont pérennes à 36 % en 2017, trois ans après. Ce chiffre est inférieur aux créations d’entreprises classiques. La réussite des auto-entrepreneurs dépend fortement du secteur d’activité, de leur âge et de leur sexe. La pérennité est plus forte dans les communes rurales et croit avec le montant de l’investissement initial.

Une enquête régulière de l’INSEE

Depuis la création de ce statut il y a dix ans, l’INSEE mène des enquêtes régulières dont la dernière concerne la période 2014/2017. Premier enseignement, la pérennité des auto-entreprises, si elle est inférieure à celle des entreprises classiques (63 %), est malgré tout en hausse par rapport à la période précédente étudiée. En effet, les auto-entrepreneurs installés en 2010, restaient actifs à 30 %.

Les auto-entrepreneurs représentaient, en 2014, 51 % des créations d’entreprise

En 2014, 551 000 créations d’entreprises ont été enregistrées. Avec 283 500 immatriculations, le régime d’auto-entrepreneurs (aujourd’hui micro-entrepreneur) représentait 51 % des créations de l’année. La simplicité des démarches administratives explique pour beaucoup ce score. Mais, immatriculation ne vaut pas activité. En effet, sur 100 auto-entrepreneurs immatriculés au premier semestre 2014, 34 n’ont pas déclaré de chiffre d’affaires lors de leurs huit premiers trimestres d’exercice. 66 ont démarré leur activité et parmi eux, trois ans après leur immatriculation, 36 sont encore actifs sous ce régime et 30 ont cessé leur activité en tant qu’auto-entrepreneur.

La grande influence du secteur d’activité

Globalement la hauteur du succès est la plus élevée dans les services aux ménages, en particulier dans la santé et l’action sociale (60 %) et dans l’enseignement (48 %). Elle est plus faible dans la construction (36 %), les activités spécialisées, scientifiques et techniques (36 %) ou le commerce (28 %).

L’âge et le genre comptent

La pérennité croît avec l’âge de l’auto-entrepreneur. En effet, 28 % des auto-entrepreneurs de moins de 30 ans sont actifs trois ans après leur immatriculation, contre 44 % de ceux de 50 ans ou plus.

La proportion d’auto-entrepreneurs actifs après trois ans est de 41 % pour les femmes, soit 8 points de plus que pour les hommes (33 %). Cette différence s’explique surtout par le meilleur taux de démarrage effectif des femmes (72 %, 10 points de plus que les hommes). Le positionnement sectoriel explique en partie cet écart : les auto-entrepreneuses sont surreprésentées dans les activités les plus pérennes, notamment la santé humaine et l’action sociale ou l’enseignement.

À caractéristiques identiques, la pérennité est plus forte en cas de vie en couple, aussi bien pour les hommes que pour les femmes. En revanche, l’expérience dans la création d’entreprise et le niveau de diplôme n’ont pas d’effet significatif sur la pérennité.

La prime au rural

La pérennité est plus élevée dans les communes rurales. Ainsi 43 % des auto-entrepreneurs dans les communes rurales sont actifs trois ans après leur immatriculation, contre 34 % dans les unités urbaines.

La pérennité croît avec le montant de l’investissement initial et c’est bien normal

Comme pour toute entreprise classique, la pérennité croît avec les moyens financiers engagés au démarrage. La proportion d’auto-entrepreneurs actifs trois ans après leur inscription est de 32 % pour les projets lancés sans investissement initial, contre 40 % pour ceux ayant investi au moins 1 euro. Cet écart s’explique partiellement par une propension au démarrage plus élevée pour les auto-entrepreneurs ayant un investissement initial : 70 % ont démarré une activité contre 62 % de ceux qui n’ont fait aucun investissement

Parmi les auto-entrepreneurs immatriculés au premier semestre 2014, 36 % ont bénéficié d’un dispositif d’aide (le plus souvent l’aide aux chômeurs et créateurs d’entreprise de l’UNEDIC ou Accre) quand ils ont monté leur projet. 42 % d’entre eux sont actifs après trois ans, contre 33 % de ceux n’ayant bénéficié d’aucune aide.

La pérennité à trois ans est plus élevée pour ceux qui en font leur activité principale (67 %) que pour ceux pour lesquels c’est une activité de complément (62 %). En moyenne, les auto-entrepreneurs immatriculés en 2014 et pérennes à trois ans ont déclaré un chiffre d’affaires de 10 300 euros en 2016. Il est le plus élevé dans les secteurs de l’hébergement-restauration et de la construction.

La moitié des auto-entrepreneurs sont satisfaits de leur chiffre d’affaires

Parmi les auto-entrepreneurs immatriculés en 2014 et pérennes à trois ans, 54 % se déclarent satisfaits de leur chiffre d’affaires par rapport à leurs objectifs. Cette proportion est d’autant plus importante que le chiffre d’affaires est élevé. 58 % des auto-entrepreneurs en activité de complément se déclarent satisfaits, 8 points de plus que ceux en activité principale.

Enfin il est à noter que l’Insee ne documente pas les cas de changement de statut, notamment le passage d’auto-entreprise en entreprise classique. C’est dommage car nous n’avons aucune visibilité pour savoir si l’auto-entreprenariat est un tremplin vers le monde de l’entreprise classique, le développement des activités et de l’emploi. En un mot si les auto-entrepreneurs réussissent à changer d’échelle.

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